Juste un peu de patience
Trois ans en arrière, je commande quelques orchidées en solde en ligne et ces plantes n’arrivent pas en fleur. Mais bon, ce n’est pas grave parce que les fleurs ça repousse; d’ailleurs, la prochaine fois que vous avez une orchidée et que les fleurs fânent, ne la jetez pas. J’en ai déjà récupéré dans une poubelle et elle fleurit encore chaque année depuis.
Par contre celle-là, la Rhynchovola (aucun lien) David Sander m’a donné du fil à retodre. Pendant trois ans rien, mis à part des nouvelles feuilles. Et récemment je l’ai sortie du terrarium pour la mettre vers une fenêtre, et voilà le résultat:

Ceci n'est pas une carbonara
Lorsqu’il s’agit de nourriture je suis un snob, enfin plutôt un pédant, ou un peu des deux. Tout ça pour dire que généralement j’ai certaines attentes quand je vois un énoncé de plat. Et je juge.
Prenez votre restaurant italien, ouvrez le menu à la section pâtes, cherchez les carbonara et lisez la liste d’ingrédients.1 Si vous voyez des ingrédients autre que du guanciale (pas du lard, pas de la pancetta), des oeufs et du pecorino (on tolère le parmigiano regiano) c’est que vous n’avez pas à faire à des pâtes carbonara.
Et on peut se demander si c’est vraiment un problème, après tout c’est sûrement bon aussi avec de la crème. C’est vrai, mais ce n’est pas là que je vois le problème, mais plutôt sur deux autres aspects: faciliter la compréhension de tous quant à ce qui est préparé et préserver les spécificités des différentes cultures.
Concernant le premier point, vous avez sûrement déjà vu des étiquettes avec AOP, AOC ou IGP sur des produits. Ces labels sont là pour indiquer que lesdits produits répondent à un cahier des charges sur la manière de les préparer et leur composition. Ce n’est pas une garantie d’avoir le meilleur produit, mais qu’au moins le vin que vous achetez dans une cave valaisanne ne vient pas d’Espagne.
Mais parfois certaines de ces appellations sont très permissives. On notera par exemple le vinaigre balsamique qui en a plusieurs. Une traditionnelle qui est faite à partir de 100% de moût de raisin vieilli au moins 12 ans en barrique. Celà lui confère un aspect très sirupeux, des notes aromatiques très développées et un prix élevé.2 L’autre appellation, le vinaigre balsamique de Modène, ne doit contenir “que” 20% de moût de raisin et peut contenir jusqu’à 80% de vinaigre de vin quelconque et même du caramel pour colorer.
Et c’est là que l’on commence à voir le problème lorsque l’on reste trop vague sur ce qui se cache derrière le nom d’un plat ou une préparation. Vous pouvez prendre deux bouteilles de vinaigre balsamique de Modène et avoir deux produits complètement différents en fonction des désirs du producteur. Sans regarder la composition du vinaigre, je ne sais pas si j’ai le droit à beaucoup de moût de raisin ou juste les invendus des caves à vin.
Et je dois dire que c’est fatiguant de devoir en permanence contrôler tout ce que j’achète parce que les fabricants tordent les définitions à la limite de ce qui est légal. C’est frustrant de voir des listes d’ingrédients où le sucre n’est pas l’ingrédient principal simplement parce qu’on l’a séparé en sucre, dextrose et fructose. C’est énervant de voir des emballages de produits sans lactoses/sans gluten/etc avoir la même taille que le standard mais contenir moins pour donner l’illusion d’un prix similaire.3
Mais l’autre aspect auquel je tiens dans la nomenclature des plats est que chaque plat mérite d’exister par lui-même et non pas comme une imitation. C’est dommage de voir du Grana Padano vendu sous nom de parmesan pour faire penser au Parmigiano Reggiano. C’est dommage d’appeler des pâtes aux lardons et à la crème des pâtes carbonara alors que les macaronis de l’alpage existent et utilisent ces ingrédients.
Je ne suis pas pour que l’on fige les définitions dans le marbre, mais les nouvelles recettes méritent une nouvelle page et pas juste une correction dans la marge.
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Quand elle s’y trouve. Ce n’est pas compliqué de le faire et ça aide beaucoup les clients. Mais y en a encore pour ne pas le faire. ↩︎
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C’est là que ça fait mal d’être snob. ↩︎
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Des fois y a même pas besoin d’être un produit alternatif. J’ai récemment eu la surprise de voir qu’un paquet de pâtes un peu plus “haute gamme” ne faisait que 400g au lieu de 500g ↩︎
Orchidées
Un passage obligé dans la vie d’un humoriste, ou du rigolo de la bande, c’est la trentaine1. Et comme tout passage obligatoire, il vient avec son lot de clichés2. L’humoriste trentenaire vous parlera de ses nouveaux hobbys de vieux, comme faire la sieste3.
Je me suis dis que ça serait un bon exercice4 de voir quelles nouvelles habitudes j’ai gagné avec l’âge. À quel point je suis comme tous les autres de ma génération. Et après reflexion, la bonne nouvelle c’est que je suis unique d’une certaine manière, la mauvaise c’est juste parce que j’ai des hobby de vieux depuis mon enfance.5
Tout ça pour dire que j’aime bien les plantes, en particulier les orchidées. Et quelle chance, y en a plus de variétés que de Pokémons, beaucoup plus. Vous connaissez sûrement le genre des phalaenopsis, celles auxquelles vous pensez quand vous voyez le mot orchidée, et peut être vous avez aussi vu des oncidiums ou des dendrobyums, qui sont présentes depuis quelques années dans les magasins.
Et si vous avez quelques souvenir de vos cours de science, vous aurez peut-être remarqué que j’ai utilisé le mot genre pour décrire ces orchidées, et non pas variétés. Les orchidées sont une grande famille, avec plus de 800 genres comportant plus de 25'000 espèces. Et deuxième rappel, la tomate et une espèce et vous connaissez beaucoup de variétés de tomates6. Je vous laisse donc imaginer ce que ça donne pour 25'000 espèces d’orchidées.
Et si comme moi vous aimez ces plantes, vous allez sûrment tomber sur un des meilleurs site d’internet, l’encyclopédie photographique des orchidées. En vous y promenant, vous allez peut-être trouver une référence amusante.
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Techniquement non, il peut aussi décider de ne plus être humoriste.7 ↩︎
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Je dit pas que c’est pas drôle, juste fréquent. ↩︎
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Non en fait, je me suis imaginé comme humoriste devant la foule, mais ça fait pas très humble donc chut. ↩︎
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Je vous entends par rire, et c’est vexant. ↩︎
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tomate cerise, rose de berne, ananas, zebrée et pleins d’autres encore ↩︎
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C’est pas parti dans la direction que vous pensiez, hein? ↩︎
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Non je ne vais pas arrêter avec les notes en bas de page.9 ↩︎
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Et en voilà encore une pour ceux qui râle (moi-même inclus). ↩︎
Abolir la prison?
L’abolition pénal est un concept auquel je m’intéresse depuis quelques années sans forcémment y consacrer du temps. Généralement on est conscient des problèmes avec notre système actuel. On cherche des solutions et on a d’un côté ceux qui vont voir une machine dont il faut juste adapter les paramètres et d’autres qui vous feront une bonne analyse des dérives dudit système sans forcément pouvoir proposer des alternatives, parce que ça reste un sujet assez complexe.
C’est pour ça que j’ai bien aimé la dernière vidéo du journal blast avec Geoffroy de Lagasnerie. Il y dresse le contour d’un système qui se centre sur la souffrance de la victime plutôt que sur la transgression de la loi. J’ai hâte de pouvoir mettre la main sur son livre.
Dans la même ligne, Lausanne à eu récemment le droit à un “débat” sur ce thème, enfin plutôt ses prémices sous la forme d’un débat sur le port d’arme des agents de police. Et comme d’habitude, avec notre fonctionnement bien de chez nous, la responsabilité est transmise à une autre instance. Le débat reviendra sûrement dans quelques années sans grands changements.
L'aide sociale et son absence
Une citation que vous trouverez régulièrement sur la toile1, et dont l’attribution n’est pas claire, va à peut prêt comme ça:
On juge une société à la manière dont elle traite ses membres les plus vulnérables
Et qui que soit son véritable auteur, c’est une philosophie à laquelle j’adhère2. Ce qui explique pourquoi je n’aime pas trop notre manière de faire en Suisse.
Vous entendrez beaucoup les suisses dire que notre système fonctionne plutôt bien3, en effet, regardez nos rues propres sans personne qui y dort, l’absence de banlieues délabrées, l’apprentissage qui apporte la richesse à tous etc.
Et dans un sens ils n’ont pas tort, les signes de la pauvreté ne sont pas visibles et ça peut donner le sentiment qu’elle n’existe pas ou peu.
Mais cette invisibilité rend d’autant plus important l’étude des recours à l’aide sociale. Cet article de 2019 nous donne une idée de la part de la population qui n’y recourt pas et quelles sont ses raisons. La plus marquante, pour moi, se trouve dans ce paragraphe:
En premier lieu, la non-sollicitation d’une aide s’inscrit dans les normes sociales dominantes, valorisant la responsabilité individuelle et l’indépendance financière. Dans un système de type assurantiel comme celui de la Suisse, dans lequel les cotisations sociales justifient l’ouverture de nombreux droits, un « lourd fardeau d’autojustification » [2] pèse sur les personnes au bénéfice de prestations sous conditions de ressource. Le fait même de devoir demander une aide suscite ainsi des sentiments de « honte », un terme utilisé de façon récurrente dans les entretiens.
C’est également un constat fait par les militants et acteurs du terrain, comme dans cet entretien de C’est Réel sur le sujet du sans-abrisme à Lausanne.
Ce qui est vraiment décevant, c’est que nous avons les moyens de règler le problème de la précarité, en donnant automatiquement à ceux qui en ont besoin. Nous avons les moyens de régler le problème du sans-abrisme4, la Finlande s’en donne les moyens, alors pourquoi pas nous?.
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On a fait un bon de 20 ans en arrière avec ce terme ↩︎
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La pratiquer est une autre chose, souvent plus difficile car elle exige de remettre en question des manières d’être qui font partie de notre éducation. Mais j’essaie. ↩︎
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Ceux qui ont pas à faire au système d’aide j’entends, sinon l’illusion se brise assez vite. ↩︎
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Que les gens dorment dans la rue, hein, pas de devoir les regarder comme on entend un peu trop souvent. ↩︎